Retraite: Il faudra travailler plus longtemps…

Retraite

Voici la première partie de notre dossier « Retraite ou… à quelle sauce sera programmée votre retraite jusqu’à la fin de l’Épisode HOLLANDE »

En effet, chacun leur tour, les gouvernements qui se succèdent nous servent des mesures dont l’objectif est toujours le même : ménager la chèvre et le choux. Alors qui -des cotisants, des syndicats, des politiques, des lobbyings- est la chèvre ? qui est le choux ?!…

Jusqu’alors fixée à 41,5 ans, la durée d’assurance augmentera progressivement à 43 ans.

Que change pour vous cet allongement ?

 Il faudra cotiser plus longtemps pour obtenir une retraite à taux plein, c’est-à-dire sans décote (« voir tableau). En revanche, l’âge légal de la retraite, age minimal, ne change pas.

La durée d’assurance requise, parfois appelée durée de référence, dépend de votre année de naissance. Jusqu’ici, on connaissait la durée s’appliquant  à ceux qui sont nés en 1956 (166 trimestres, soit 41,5 ans) et avant 1956. Cette durée augmentera d’un trimestre toutes les trois générations pour atteindre les 172 trimestres (43 ans) pour la génération 1973, qui partira à la retraite à compter de 2035.

LA CONDITION POUR UNE RETRAITE SANS DÉCOTE

 

Date naissance                                                   Trimestres à valider

1950                                                                                 162 trimestres

1951                                                       163 trimestres

1952                                                                 164 trimestres

1953 et 1954                            165 trimestres

1955 à 1957                             166 trimestres

1958 à 1960                            167 trimestres

1961 à 1963                          168 trimestres

1964 à 1966                          169 trimestres

1967 à 1969                             178 trimestres

1970 à 1972                             171 trimestres

1973 et après                                      172 trimestres

 

Anticiper sa durée de cotisation

 Cette réforme, si elle est adoptée, a un aspect pratique : les assurés connaîtraient bien en avance leur durée requise, alors qu’il fallait auparavant attendre l’année de ses 56 ans pour la découvrir. La durée d’assurance comprend tous vos trimestres validés pour la retraite, ceux cotisés comme ceux acquis gratuitement (chômage, maladie, enfants…).

La réforme prévoit d’assouplir la règle d’obtention de ces fameux trimestres: à partir de 2014, il suffirait d’avoir gagné l’équivalent de 150 fois le Smic horaire dans l’année, contre 200 fois aujourd’hui, pour se voir attribuer un trimestre.

 

 VRAI / FAUX

 Un salarié obtient un trimestre en travaillant trois mois.

Faux. Au régime général, Le régime de retraite de base des salariés du privé, on acquiert un trimestre non pas en travaillant trois mois, mais en gagnant un certain montant sur l’année. C’est l’équivalent de 200 fois le Smic horaire, soit 1886 euros brut en 2013 (ce devrait être 150 Smic horaires en 2014). Faites le total de ce que vous avez gagné, en brut, en 2013.  Plus de 1 886 euros vous obtiendrez un trimestre ; plus de 3772 euros, deux trimestres; plus de 5658 euros, trois trimestres; plus de 7544 euros vous avez vos quatre trimestres! Et ce, quel que soit le nombre de mois travaillés. Comme toujours en matière de retraite, il y a un « mais » : il est impossible de décrocher ses quatre trimestres en moins de deux mois et demi, même avec un salaire élevé. Le salaire brut mensuel retenu est, en effet, plafonné : à 3 086 € en 2013.

Ce n’est pas parce que vous obtenez le taux plein que votre retraite sera entière.

Vrai. Pour calculer La pension de base dans les régimes alignés, trois paramètres entrent en jeu : le taux de liquidation, le revenu annuel moyen (SAM pour les salariés), et un coefficient de proratisation. Votre retraite est dite «à taux plein » si vous décrochez le taux de liquidation maximal de 50 %. Mais, pour une retraite dite « entière » encore faut-il que votre coefficient de proratisation soit égal à 1. c’est-à-dire que votre retraite ne soit pas minorée. Elle le sera si vous n’avez pas engrangé, dans le régime concerné, la durée d’assurance requise pour votre génération.

 Exemple : vous êtes né en octobre 1950, vous avez toujours été salarié mais votre carrière a été interrompue plusieurs fois, et vous comptez partir à ta retraite en novembre 2415 avec 150 trimestres. Vous aurez 65 ans, l’âge du taux plein automatique, mais votre pension de base sera minorée par L’application d’un coefficient de proratisation (150 /162) car vous n’avez pas les 162 trimestres requis pour votre génération.

Travailler plus de trimestres que nécessaire ne vous donnera pas forcément droit à une surcote

Vrai. Travailler au-delà de la durée d’assurance requise pour votre génération ouvre la voie à une surcote à condition que vous ayez déjà l’âge légal de la retraite! Si vous avez commencé tôt et que vous atteignez le bon nombre de trimestres, par exempte, à 59 ans, les trimestres travaillés entre vos 59 ans et l’âge légal ne vous apportent pas de surcote et donc ne viennent pas gonfler votre pension de base. Vous améliorez tout de même votre retraite globale en engrangeant de nouveaux points de retraite complémentaire,

 Le minimum contributif correspond à la pension de base minimale aux régimes alignés

Faux. Le minimum contributif est la pension de base minimale uniquement de ceux qui obtiennent une retraite à taux plein et dont le total des pensions (de base et complémentaires) ne dépasse pas 1028,17 euros mensuels. Montant du minimum contributif :687,32 euros par mois actuellement, proratisé si vous n’avez pas le bon nombre de trimestres, validés et cotisés.

Pour connaître le nombre de points engrangés chaque année pour vos  complémentaires AGIRC-ARRCO, il faut diviser vos cotisations par la valeur d’acquisition des points.

Faux. Dans un régime par points, la logique voudrait que vos cotisations vous apportent… des points, Pas toujours! Certaines cotisations vous permettent d’en acquérir, d’autres pas. Exemple: si vous êtes salarié non cadre avec un salaire annuel brut de 30000€, on prélève actuellement pour votre complémentaire 7,5% de cotisations salariales et patronales Agirc et Arrco. soit 2250€ par an. Sur ces 2250 euros, seuls 1800 euros. soit 6% de votre salaire brut, serviront à acquérir des points de retraite! A l’Arrco comme à l’Agirc. pour connaître son nombre de points, il faut donc diviser te total des cotisations Agirc et Arrco par la valeur de service du point.

 

Quand pourrez-vous prendre votre retraite?

 Tout dépend des régimes auxquels vous cotisez, de votre année de naissance, de votre état de santé, de votre carrière, etc.

Il n’y a pas un âge, mais des âges pour la retraite… Si vous êtes pressé de partir, celui qui vous intéressera est l’âge minimal auquel il est possible de toucher sa pension de base. C’est l’âge légal, généralement à 62 ans. Il varie toutefois entre 60 et 62 ans pour ceux qui sont nés avant 1955. Trois catégories bénéficient toutefois d’un âge minimal inférieur à 62 ans : les fonctionnaires « actifs », ceux qui exercent des emplois risqués ou particulièrement pénibles, les militaires et les assurés de certains régimes spéciaux. Attention, il s’agit de l’âge minimal pour votre retraite de base. Certains régimes vous autorisent à percevoir votre pension complémentaire avant, mais il est peu courant de ne pas liquider ses deux pensions en même temps. Voilà pour la règle générale

Sans surprise, il y a des exceptions, qui varient selon les régimes. Deux exceptions à l’âge minimal reviennent dans quasiment tous les régimes de base : les retraites anticipées pour carrière longue et pour handicap. Dans ces deux cas, les pensions de base sont systématiquement accordées à taux plein. Encore faut-il répondre à des conditions strictes.

 

Les dispositifs de retraite anticipée

Le dispositif de retraite anticipée pour handicap est ouvert à partir de 55 ans. Pour en bénéficier, il faut être atteint d’une incapacité permanente d’au moins 80 % ou être reconnu travailleur handicapé. A partir de 2014, un taux de 50 % devrait suffire. En outre, il faut que depuis la reconnaissance de votre handicap, vous ayez un certain nombre de trimestres validés et cotisés, tous régimes confondus. Les trimestres validés comprennent l’ensemble de vos trimestres, qu’ils aient été cotisés ou qu’on vous les ait attribués gratuitement (chômage, maladie, maternité, majorations enfants). Les durées varient selon les générations et l’âge de départ.

Vous avez commencé jeune? Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue est ouvert à partir de 58 ans si vous êtes né en 1960 ou après. Pour ceux qui sont nés avant, il reste possible de partir avant 58 ans.

A deux conditions.

-          La première : avoir, tous régimes confondus, une certaine durée de cotisation, qui dépend de votre génération et de l’âge de départ. Par exemple 166 trimestres pour partir à 60 ans si vous êtes de 1956. Attention, la durée de cotisation prise en compte ici est spécifique au dispositif. II s’agit de vos trimestres cotisés au sens strict. Ne comptent ni les trimestres rachetés au titre d’années d’études ou incomplètes (sauf exceptions), ni les majorations pour enfants. On retiendra toutefois, en plus : jusqu’à quatre trimestres de service national, jusqu’à deux trimestres de chômage indemnisé et jusqu’à quatre trimestres d’incapacité temporaire (maternité, maladie, accident du travail). Peuvent être intégrés deux trimestres de maternité supplémentaires pour les femmes qui atteignent ce dernier quota. Les régies d’obtention des trimestres devraient être assouplies dans les prochains mois. Retenez aussi qu’elles sont légèrement différentes dans la Fonction publique.

-          Seconde condition : avoir validé au moins cinq trimestres avant la fin de l’année civile de vos 20 ans pour un départ a 60 ans, de vos 16 ans pour un départ avant 60 ans.

 Si votre priorité n’est pas de partir le plus tôt possible mais d’obtenir une retraite sans décote, un autre seuil vous intéressera davantage : l’âge dit « du taux plein automatique ». C’est en principe 67 ans, et entre 65 et 67 ans à titre transitoire si vous êtes né avant 1955. Cet âge reste toutefois fixé à 65 ans quelle que soit la génération dans une poignée de cas. Fonctionnaires, cet âge, dit aussi d’annulation de la décote se confondra à terme avec votre limite d’âge. Mais, durant une période transitoire, vous pouvez bénéficier du taux plein sans autre condition quelques mois ou années avant votre limite d’âge. Dans tous les régimes de base, la retraite sans décote est possible avant l’âge du taux plein si vous réunissez le nombre de trimestres requis pour votre génération.

Enfin, certains régimes complémentaires vous permettent de toucher votre pension sans abattement dès lors que vous avez votre retraite de base à taux plein, quel que soit votre âge. D’autres imposent un seuil d’âge pour une retraite sans décote, (en principe) incontournable.

Prêt à vous arrêter? Vous avez vérifié votre dossier et tout colle ?

Pour demander votre retraite, adressez-vous à votre caisse professionnelle. C’est votre interlocuteur unique pour liquider vos pensions en tant que libéral, de base, complémentaire et surcomplémentaire. Certaines sections proposent de

télécharger le formulaire sur leur site. Commencez vos démarches de préférence entre trois et six mois avant votre départ. Si vous avez relevé d’autres régimes, n’oubliez pas de demander vos autres pensions. Si vous avez été salarié, par exemple, il faudra contacter à ta fois le régime général et L’Agirc-Arrco.

N’hésitez pas à contacter un Expert-comptable. En effet, ce professionnel ne s’intéresse pas seulement aux entreprises, mais il peut aussi vous conseiller, vous assister dans vos démarches.

Dans notre prochain épisode: les Commerçants, artisans et la retraite.

par Steve MARSAN

EUROPEENNE D’EXPERTISE ETOILE: Expert-Comptable à Toulouse     tel:05.61.62.24.02   info@expert-comptable-eee.com